Démarche artistique
Stéphanie Gerbaud est une artiste dont les travaux se concentrent sur deux matériaux : le papier et l'argile.
Pour le travail du papier, elle collecte un grand nombre de livres, de cartes, de plans, parfois issus de mises au rebut des bibliothèques ou encore de découvertes fortuites. Elle opère un travail de déstructuration et restructuration, en créant par le vide à l'aide d'un scalpel, qui agit comme un révélateur. Si la découpe lui permet de retrouver des formes cachées, elle est aussi une manière d’en composer de nouvelles.
Les cartes et les plans sont le point de départ de possibles géographiques qu’elle explore. Brouiller les habitudes de lecture linéaire, révéler une dentelle urbaine au même titre que le réseau qui irrigue le cœur de la cité, sont autant de pistes qui lui permettent de sonder l'intimité du territoire. Se jouent alors des questions de repère, d'interprétation et de perception des géographies physique ou mentale, soulignées par les tensions qu'exercent les contraires ( plein/vide ; intérieur/extérieur ; présence/absence).
Grâce à l'argile, au grès principalement, elle développe des séries autour d'un monde en questionnement. Des graines, symboles de robustesse, des animaux dénonçant la perte de territoire, viennent appuyer le dialogue qu’elle dévoile entre les territoires et le vivant. Notre mémoire du sol, les traces qu’on laisse. Ses travaux sont des pistes de réflexions sur nos liens avec les différentes géographies sensibles.